La voie des sans voix

Les mineurs de la MACA bientôt formés aux métiers culinaires

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Former les détenus mineurs du Centre d’Observation des Mineurs (COM) de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) aux métiers culinaires pour une meilleure rééducation est une initiative portée par l’Ong N’gboadô. Selon le président et fondateur de cette Ong qui fait de l’assainissement du milieu carcéral l’une de ses missions, les clés du centre de formation aux métiers culinaires du COM seront remises d’ici la fin du mois d’octobre prochain.

Dans une société où les droits de l’homme sont connus et respectés par une minorité, il n’est pas très aisé d’évoquer ou d’aborder la question des droits des détenus. Certes on reconnait leur humanité mais, les considérants comme de mauvaises personnes, il est encore plus pénible de leur accorder du temps, notre confiance, voire une seconde chance de se réaliser et montrer qu’ils peuvent être des citoyens modèles et utiles à leur communauté.

Cependant, des personnes sensibles aux conditions de détention dans les prisons de Côte d’Ivoire telles que Job Sodjinou, fondateur de l’Ong N’gboadô, ses partenaires et ses ambassadeurs Nash et Kajeem œuvrent, depuis 2010 à la rééducation des détenus, à leur suivi psychologique et à leur insertion sociale entre autres.

Au nombre de ses activités, l’Ong N’gboadô a entrepris la construction d’une cuisine industrielle et une salle de formation aux métiers culinaires au sein du Centre d’Observation des Mineurs (COM) de la MACA. La salle de formation et la cuisine permettront aux détenus mineurs d’apprendre et de maitriser les métiers de pâtissier et de boulanger d’une part ; et d’autre part, de se nourrir convenablement et cuisinant eux-mêmes leurs repas et également en commercialisant le pain et autres pâtisseries qu’ils auront cuisinés.

Si a priori l’idée de former des détenus vous fait froncer le sourcil, essayez de mener une réflexion objective et vous poser la question de savoir pourquoi il y a de plus en plus de récidives après une peine d’emprisonnement sensée ôter à l’ex-détenu toute envie de replonger dans la délinquance ? Une chose est sûre, un ex-détenu oisif replonge facilement que celui à qui on redonne une seconde chance en l’aidant à s’insérer socialement et économiquement surtout !

Alors, selon les prévisions de l’Ong N’gboadô, l’idée de ce centre est de permettre à un détenu mineur, après avoir purgé sa peine d’emprisonnement, d’avoir une compétence à valoriser en la mettant au service de sa communauté. Le fonctionnement de ce centre de formation sera assuré par des professionnels de la pâtisserie et de la boulangerie – grâce au partenariat entre l’Ong et l’association des pâtissiers et boulangers de Côte d’Ivoire.

Ce projet qui est « réalisé à 85% » ; selon Job Sodjinou est porté par l’initiative « Action 2 cœurs ». Cette initiative permet de récolter des fonds en organisant des concerts et autres activités génératrices de revenus, en recrutant des bénévoles et en réceptionnant des dons en matériels de constructions et en numéraires.

Soutenir « Action 2 Cœurs » c’est assurer sa propre sécurité en prévenant la délinquance juvénile et la récidive. Soutenir « Action 2 Cœurs » c’est contribuer à l’humanisation du milieu carcéral pour une meilleure rééducation des détenus. Car en fait, on ne sait pas si le destin nous conduira en détention – à tort ou à raison. Pensons-y !

Au-delà de l’apprentissage aux métiers culinaires, les détenus du COM « seront instruits à l’entrepreneuriat, aux métiers agricoles, artistiques et esthétiques, au développement personnel, aux disciplines sportives ainsi qu’à la spiritualité », a confié Job Sodjinou lors de la conférence de presse de lancement de la seconde phase d’Action 2 Cœurs, au l’hôtel Novotel d’Abidjan – Plateau.

Notons que la salle de formation occupe un espace de 140 m2 et la cuisine industrielle est construite sur une superficie de 137 m2. Le projet est financé principalement par l’ambassade de Suisse, des bonnes volontés et les partenaires de l’Ong. Une salle d’apprentissage aux métiers de la coiffure sera également construite sur un espace de 100 m2.

Rendez-vous est donc pris pour fin octobre 2018 pour la remise de clé des édifices offerts par l’Ong N’gboadô et ses partenaires.

Tingbo

 

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