La voie des sans voix

Lutte contre les violences sexuelles une responsabilité sociale

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Ce samedi 23 juin, en la faveur de la Journée de l’enfant africain célébrée traditionnellement le 16 juin, un panel a été animé à la Commission Nationale de la Francophonie sise aux 2 Plateaux Vallon. La matinée a été consacrée à la question des violences sexuelles faites aux petites filles – à l’initiative de l’ONG Genre Parité et Leadership Féminin (Gepalef) en partenariat avec le ministère de la femme, de la protection de l’enfant et de la solidarité (MFPES).

Etat des lieux

Pour la circonstance, quatre panélistes experts en matière de violences sexuelles ont eu la charge d’éclairer la lanterne des participants sur le sujet ; il s’agit de Mme Anna Amagou – thérapeute ; M. N’Cho – magistrat et représentant du MFPES ; M. Djê – Capitaine de police et M. Issa Koné – conseiller technique de l’ONG Save the children.

Dans leurs interventions, il s’agissait en premier lieu de dresser un état des lieux des violences sexuelles et de définir assez  clairement le terme « violences sexuelles ».

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS) la violence sexuelle désigne tout acte sexuel, tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaire dirigés contre la sexualité d’une personne utilisant la coercition, commis par une personne indépendamment de sa relation avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais s’en s’y limiter, le foyer et le travail.

De cette définition ressortent l’idée de contrainte et de l’acte commis. Sans toutefois dévoiler de chiffres, il est apparu clairement que les violences sexuelles sous toutes les formes sont une réalité en Côte d’Ivoire. Bien qu’il existe dans le code pénal ivoirien, des dispositions répressives d’individu se rendant coupable de violence sexuelle, le mécanisme de prise en charge des victimes reste encore à peaufiner et à actualiser.

Si l’on relève des dysfonctionnements au niveau des organismes publics compétents en matière de violences sexuelles, ce que l’on déplore le plus, c’est le fait que, très souvent les jeunes filles victimes de viol sont pointées du doigts – culpabilisées, accuser par la communauté qui devrait les protéger.

Propositions de solutions

Comme l’indique le thème du panel « quelles stratégies pour lutter efficacement contre les violences sexuelles sur les petites filles » ; il était question au vu de la situation qui prévaut de proposer des solutions dans l’optique de mettre en place des stratégies adéquates pour remédier au fléau que constituent les violences sexuelles sur les filles.

On peut aisément retenir trois choses essentielles des solutions qui ont été énumérées.

Commençons par la prise en charge de la victime – accueil des officiers de police judiciaire, écoute, prise en charge médicale et psychologique.

Après il est question d’instruire la communauté sur la responsabilité qui leur incombe de protéger les enfants contre toute forme de violence sexuelles. Car le plus importants en la matière est la prévention. « Apprendre à l’enfant à ne pas garder le silence s’il se sent en danger » ; « instruire l’enfant sur ses droits pour qu’il puisse savoir à quel moment ceux-ci sont violés » et surtout « rappeler aux parents leur devoir de protecteur ». A cela il faut ajouter la sensibilisation des communautés afin de dissiper les stéréotypes et jugement de valeur liés aux victimes de violences sexuelles.

Enfin, et non le moindre aspect, former des professionnels du crime sexuelle et une juridiction spéciale car on ne saurait traiter une affaire de violence sexuelle comme les autres formes de crimes.

Mutualiser les compétences et les efforts

Pour lutter efficacement contre les violences sexuelles, le fameux « l’union fait la force » sera très bénéfique pour notre pays et plus particulièrement pour la protection de la jeune fille. En effet ce panel a été l’occasion pour les participants et organisations associées d’échanger sur les actions menées individuellement, considérer l’opportunité de travailler en synergie et poser les bases de collaborations solides et durables.

 

Terminons ce billet avec une information utile. Selon Me N’cho, représentant du MFPES, en cas de violence sexuelle, il revient à l’Etat, représenté par le parquet de payer les frais d’obtention du certificat médicale de la victime. Cela s’explique par le fait qu’en la matière, c’est l’Etat qui poursuit et que c’est à l’accusation – représentée par le procureur qui a la charge de verser les éléments de preuve au dossier. Voilà qui est clair !

Tingbo

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