La voie des sans voix

En période électorale, le journaliste informe et le politique communique.

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Nous sommes de plain pied dans la reconquête électorale avec les prochains scrutins prévus cette année 2018. Entre conforter l’électorat acquis et conquérir de nouveaux électeurs, les acteurs de la politique ivoirienne se donnent à fond dans leur rôle. Ils communiquent. Mais dans toute cette agitation, que doit faire le journaliste, le blogueur ou le professionnel des médias ?

Vérifier l’information

Que doit faire le professionnel des médias dans un environnement où les médias sont utilisés à des fins autres que celles d’informer la population ? Une problématique toujours d’actualité sous nos tropiques surtout en période électorale. Pour tenter d’apporter des réponses à cette grande interrogation, l’ambassade de Grande-Bretagne, en partenariat avec l’Union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (Unbci), ont organisé, à l’endroit d’une soixantaine de journalistes, blogueurs et professionnels des médias, un atelier de renforcement de capacité autour du Fact Checking. C’était ce vendredi 09 mars dernier à la Résidence Les Vallons, dans la commune de Cocody. 

À cet atelier, les différents intervenants ont instruit les participants aux techniques de vérification de l’information avant toute diffusion dans leurs médias. On retiendra que, la vérification de l’information commence par établir la bonne fois de notre source d’information. Sur ce fait, André Sylvère Konan, journaliste, a établi trois règles d’or pour démonter une rumeur ou une fake news – fausse information.

1. Ne jamais amplifier une rumeur
2. Vérifier la source de sa source
3. Procéder à sa propre vérification en se tournant vers d’autres sources.

Il est clair qu’en période électorale et dans la course aux scoops, nombre de professionnels des médias ont tendance à tordre le cou à des règles élémentaires du métier de diffuseur d’informations. Mais il faut garder à l’esprit que le tout n’est pas de faire circuler une information avant tout le monde. Il est important de livrer la bonne information pour la formation des citoyens de notre pays.

Le droit d’accès à l’information

Dans le sens de la vérification de l’information ou du fact checking, il est conseillé aux professionnels d’aller à la source de l’information en s’adressant aux institutions publiques à même de nous livrer la bonne information. À ce propos, M. Ballet, représentant de la CAIDP s’est chargé de rassurer les participants de la formation quant aux dispositions mises en place pour permettre aux journalistes et à tout citoyen de jouir pleinement de son droit à accéder aux informations d’intérêts publics. En la matière, la demande devra être faite par écrit à la plus haute autorité de l’institution visée et l’institution dispose d’un délai de 15 jours (si le demandeur est un journaliste ou un chercheur) et de 30 jours (si le demandeur est un citoyen lambda). En cas de contentieux, la CAIDP, si elle est saisie peut intervenir en faveur du demandeur, conformément à la loi du 13 décembre 2013 qui oblige tout fonctionnaire à ne pas retenir une information d’intérêt public. Le recours à la CAIDP donne lieu à une médiation, à la sensibilisation et en dernier recours à la sanction. Plus d’informations : www.caidp.ci

Informer et non communiquer 

Dans son intervention, le journaliste et écrivain Samba Koné a laissé entendre un propos assez fort : « En période électorale, le journaliste informe et le politique communique ». Il établit de ce fait une nette différence entre la communication et l’information. Pour lui, communiquer ne nécessite pas forcément de s’appuyer sur des faits prouvés, avérés ou vérifiables. Contrairement informer revient à faire cas de faits avérés en s’appuyant sur des preuves irréfutables. Avant de diffuser une information, le professionnel des médias a le devoir d’évaluer la qualité de l’information en sa possession pour éviter d’être manipulé. L’information devra passer par le filtre de la validité (présence de la source), de la fiabilité (quelle est son origine), de l’actualité (de quand date-t-elle) et de la crédibilité (l’autorité ou la qualité de la source).

Il faudra également – avant toute diffusion d’information, faire la différence entre un fait et une opinion. Aussi, la nécessité de vérifier minutieusement l’information réside dans le fait que le citoyen a besoin d’information pour faire le bon choix. Pour terminer, retenons qu’un journaliste ou un blogueur soucieux de sa crédibilité ne doit en aucun cas « être prisonnier de ses certitudes ».
Espérons que cette formation au fact checking contribue au mieux à construire un climat dépassionné en cette période de forte agitation électorale.

Tingbo

 

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