La voie des sans voix

Petit guide de survie face aux « Gbagbo ou rien »

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11 avril 2011. Laurent Gbagbo est brandi comme un trophée de guerre par les soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), au journal de 13h de la chaine de télévision TCI. Depuis ce jour, le monde s’est écroulé pour de nombreux Ivoiriens (moi y compris) qui vivaient au rythme du battement du cœur de Gbagbo et ne juraient que par lui.

Alassane Ouattara est le nouvel homme fort d’Abidjan. Le pouvoir, il le gère d’une main de fer, de façon solitaire et souvent même cavalière. C’est là qu’on se rend compte que « Gbagbo toun kafissa » Gbagbo était mieux en Malinké . Mais, hélas, on ne peut plus rien faire. Laurent Gbagbo est en prison à la Haye. Et son procès est en cours.

Toutefois, son nom et son image cristallisent l’actualité socio-politico-judiciaire ivoirienne. L’ex-président est au centre de tous les débats. À tort ou à raison, chacun y va de son commentaire sur sa gestion du pouvoir. Mais, attention à ne pas croiser le chemin de certains inconditionnels du « Woody de Mama ». Ceux qu’on appelle abusivement les « Gbagbo ou rien ».

 

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Ils sont, pour la plupart, en exil au Ghana, au Togo ou en France. Ce sont les champions tout-terrain du bandage de muscles sur les réseaux sociaux. Avec eux, tu n’as pas le droit de critiquer Gbagbo. Le jour où tu as le malheur de réciter « l’Évangile selon Koudou » à l’envers, tu deviens un félon ou tout simplement un traite. Avec eux, il n’y a pas de remise en question possible.

Dès que vous le faites, vous devenez un collabo du pouvoir Ouattara ou encore un serveur de thé de Guillaume Soro. Dans ce billet, je m’autorise à vous donner quelques conseils en vue de montrer les choses à faire afin d’éviter le courroux de ces censeurs 2.0.

1 – Évitez de réfléchir quand vous avez un nom à consonance nordique

Si vous avez un nom comme Koné, Sangaré, Coulibaly, etc., vous êtes potentiellement considéré comme un partisan du pouvoir. Tous vos propos et toutes vos prises de position son interprétés. Pour éviter d’être soupçonné, soyez zélé, bête et même un mouton de Panurge. Insultez Ouattara jusqu’à invectiver vos parents afin de leur prouver votre loyauté. Vous devez être le chantre nordiste par excellence de Gbagbo.

2 – Ne félicitez jamais le pouvoir Ouattara

Vous devez être le pourfendeur du pouvoir Ouattara. Même si Ouattara fait où dit quelque chose de bien, vous devez toujours y trouver un défaut. Vous devez critiquer pour critiquer. Si vous vous trompez pour dire « Ouattara a bien fait », vous êtes un homme mort. On vous trouvera du travail illico dans le service de com de Masséré ou du PAN. Si tu ne travailles pas pour Ouattara, tu es à la solde de Soro.

3- Ne vous permettez pas d’apporter un démenti à leurs allégations mensongères

Le mec ou la meuf va vous vendre du sang contaminé (la mauvaise info) sur réseaux sociaux. Si vous avez le malheur de rectifier le tir en donnant la bonne information, vous devenez l’ennemi de l’Afrique et du panafricanisme. Comme si l’autre était panafricaniste ! C’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité.

4 – Vous êtes en exil comme eux ? Ne revenez jamais au pays du vivant de Ouattara

Ça, c’est la trahison ultime. Vous avez fui le pays ensemble. De votre refuge, vous essayez de survivre tant bien que mal. Ne trouvant plus d’issue, vous revenez au pays. Vous devenez automatiquement un traitre. Vous êtes pire que Judas qui a trahi Jésus. Vous avez ainsi abandonné la lutte. Je me demande bien de quelle lutte parlent-ils. Comme si le pouvoir se prenait depuis l’extérieur.

5 – N’ayez pas d’ami (ou de frère) RDR

Quand vous avez un ami militant du parti au pouvoir, c’est encore un crime. Comme si militer au RDR faisait de ton frère ou de ton ami un paria de la société. Et si vous avez l’audace d’avoir une vie paisible sous le pouvoir Ouattara, c’est que vous avez « collaboré » pour avoir ce que vous avez.

Ces conseils vous éviteront certainement de tomber sous le coup de la sentence des « Gbagbo ou rien ». Dans le cas contraire, faites comme moi et torchez-vous le cul avec leurs opinions et leur jugement. Personne ne pourra vous le prendre votre liberté de penser chers amis nostalgiques de l’ère Gbagbo. Pensez donc !

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